Le marché des soins, des conseils et des compléments alimentaires, hors hôpital

84 milliards d'euros par an

répartis en cinq familles de métiers

Le mot produit désigne ici tout ce qui se vend sur ce marché : la consultation du médecin, la séance du sophrologue, le complément alimentaire et le cursus de l'école sont quatre produits. Chacun a son vendeur, son prix et son client.

Revenir au marché entier 84 Md€ par an, hors hôpital

Trois portes par lesquelles l'argent arrive à chaque famille : un tiers qui rembourse, un médecin qui adresse, un titre que la loi protège. Ce qui manque à une famille est en gris.

101 000 médecins généralistes sont en activité au 1er janvier 2026, dont 45 500 en exercice libéral régulier. La consultation est facturée 30 € depuis le 22 décembre 2024 et prise en charge à 70 % par l'Assurance maladie. Les soins de généralistes représentent 10,7 Md€ en 2024.

Le généraliste tient les trois portes : il est payé par un tiers, il oriente vers les autres professions et son titre est protégé par le code de la santé publique. Il est le prescripteur dont dépendent le diététicien, le kinésithérapeute et l'infirmier.

Sources : DREES, démographie au 1er janvier 2026 ; Ordre des médecins, atlas 2025 ; convention médicale de juin 2024 ; DREES, comptes de la santé, édition 2025.

Le médecin nutritionniste est un médecin, le plus souvent titulaire du diplôme de spécialité en endocrinologie, diabétologie et nutrition. Sa consultation est celle d'un spécialiste, remboursée par l'Assurance maladie. Son effectif n'est pas isolé dans les statistiques de la DREES, qui comptent cette spécialité avec l'endocrinologie.

Le mot nutritionniste, lui, n'est pas protégé : seul le titre de médecin l'est. Un conseiller en nutrition sans diplôme de médecine peut se dire nutritionniste, pas médecin nutritionniste.

Sources : arrêté du 21 avril 2017 fixant les diplômes d'études spécialisées ; code de la santé publique, article L4161-1.

17 369 diététiciens au 1er janvier 2024, en hausse de 80 % en neuf ans. Le titre de diététicien est protégé depuis la loi du 30 janvier 2007 : il exige un diplôme d'État de niveau bac + 2 ou bac + 3. La consultation, de l'ordre de 40 à 60 € d'après les tarifs affichés par les praticiens, n'est pas remboursée par l'Assurance maladie ; certaines complémentaires prévoient un forfait annuel.

Le diététicien est le concurrent direct du conseiller en nutrition, qui exerce sans titre : même prestation, même absence de remboursement, mais un titre protégé et une orientation possible par le médecin.

Sources : DREES, répertoire ADELI au 1er janvier 2024 ; loi du 30 janvier 2007, article L4371-1 du code de la santé publique ; tarifs relevés sur les sites de praticiens, octobre 2026.

78 197 psychologues de moins de 62 ans recensés par la DREES, 89 800 inscrits au registre tous âges confondus ; 3 000 à 4 000 nouveaux diplômés chaque année. Le titre de psychologue est protégé depuis la loi du 25 juillet 1985. La séance en libéral se situe autour de 60 à 70 €.

Depuis 2022, le dispositif Mon soutien psy rembourse jusqu'à douze séances par an, facturées 50 € dont 30 € pris en charge par l'Assurance maladie. 5 217 psychologues y sont conventionnés fin février 2025, environ un tiers des praticiens éligibles ; 3,1 millions de séances ont été remboursées depuis l'ouverture. Ce remboursement a été créé en 2022, longtemps après l'installation de la profession.

Sources : DREES, répertoire ADELI ; réponse ministérielle au Sénat du 12 juin 2025, question n° 01971 ; question écrite à l'Assemblée nationale, décembre 2025.

111 400 kinésithérapeutes au 1er janvier 2026, effectif en hausse de 3,1 % par an depuis 2017. 607 700 infirmiers en 2023, dont 98 900 en exercice libéral. Leurs soins sont prescrits par le médecin et remboursés : 7,6 Md€ pour la kinésithérapie et 9,4 Md€ pour les soins infirmiers en 2024.

Le kinésithérapeute et l'infirmier ne vendent rien au patient : l'ordonnance leur amène la clientèle et l'Assurance maladie paie. Une partie des kinésithérapeutes exerce aussi l'ostéopathie, non remboursée, en complément.

Sources : DREES, démographie au 1er janvier 2026 ; DREES, base tous salariés et SNDS, année 2023 ; DREES, comptes de la santé, édition 2025.

20 242 officines au 1er janvier 2025, 260 de moins qu'un an plus tôt. Les pharmacies réalisent 55 % des ventes de compléments alimentaires en valeur, soit environ 1,6 Md€ en 2024, et c'est le circuit qui a le plus progressé cette année-là, de 8,2 %.

Le pharmacien cumule ce qu'aucun praticien sans titre n'obtient : un titre protégé, un flux de clientèle amené par l'ordonnance, et la vente du produit au comptoir, sans séance à facturer. D'après Synadiet, le nouveau consommateur de compléments entre sur ce marché par la pharmacie.

Sources : Ordre national des pharmaciens, démographie au 1er janvier 2025 ; Synadiet, bilan 2024, avril 2025.

Hors pharmacie, les compléments se vendent à distance, sur catalogue ou en ligne, pour 11 % du marché ; en magasin bio pour 8 %, circuit en recul de 3,4 % en 2024 ; en grande surface pour 7 % ; le reste en parapharmacie. Soit environ 1 Md€ en dehors des officines.

Ni la vente en ligne, ni le magasin bio, ni la grande surface ne conseillent l'acheteur : le produit se vend sur son emballage et sa publicité. C'est là que les marques nées en ligne, sans point de vente, ont pris leur part.

Source : Synadiet, bilan 2024, répartition des ventes en valeur par circuit.

Synadiet compte un circuit de vente directe au domicile du consommateur : 10 % du marché en 2024, soit environ 290 M€. Synadiet ne détaille pas ce circuit : il recouvre au moins les réseaux de vente par recommandation, et c'est le seul où peut figurer le produit vendu par un praticien à l'issue d'une consultation.

Les 290 M€ de la vente directe donnent l'ordre de grandeur de la première des trois sorties enseignées par les écoles de naturopathie, vendre des produits : à lui seul, il dépasse une estimation de 400 M€ pour toutes les consultations de naturopathie de l'année. Ce qui se vend après la séance peut peser autant que la séance.

Source : Synadiet, bilan 2024. Part des praticiens dans ce circuit : non publiée.

Ce que le titre donne, et ce qu'il ne donne pas

Le titre d'ostéopathe est protégé depuis la loi du 4 mars 2002 : il exige un diplôme d'une école agréée, cinq ans d'études, et un enregistrement auprès de l'agence régionale de santé. Il ne donne ni remboursement par l'Assurance maladie, ni prescripteur : aucun médecin n'adresse de patient à un ostéopathe dans le parcours de soins. Certaines complémentaires remboursent quelques séances par an.

Les effectifs, et ce que la profession dit d'elle-même

30 122 ostéopathes en activité au recensement de 2024, 2 000 nouveaux par an. Un rapport de la profession, en janvier 2026, estime que le marché ferait vivre environ 25 030 praticiens : le nombre de titulaires dépasse de 5 000 le nombre de places. Le chiffre d'affaires moyen déclaré par les ostéopathes en exercice libéral est de 58 649 € en 2024, pour une séance autour de 60 €, soit un millier de séances par an.

Ce que le chiffre d'affaires moyen cache

Un chiffre d'affaires moyen de 58 649 € pour 30 122 ostéopathes donne 1,8 Md€ pour la profession. Mais la moyenne d'une profession en excédent d'offre masque un écart : elle est tirée par les cabinets installés, et les 2 000 entrants annuels se partagent ce qui reste. Le chiffre d'affaires médian des ostéopathes n'est pas publié.

Un périmètre qui chevauche celui de la DREES

Les comptes de la santé comptent dans les soins ambulatoires une dépense non remboursable qui comprend, d'après la DREES, les soins de praticiens non conventionnés et l'ostéopathie. Une partie des 1,8 Md€ figure donc déjà dans les 77,8 Md€ de la première famille. Le total de 84 Md€ est un plafond ; la part comptée deux fois n'est pas publiée.

Sources : loi du 4 mars 2002, article 75 ; décret du 25 mars 2007 ; recensement de la profession, 2024 ; UNASA, statistiques 2024 ; rapport professionnel de janvier 2026 ; DREES, comptes de la santé, fiche sur la décomposition de la consommation de soins.

Environ 1 400 chiropracteurs exercent en France ; 1 032 sont membres de l'Association française de chiropraxie. Le titre de chiropracteur est protégé par la loi du 4 mars 2002, comme celui d'ostéopathe, et une seule école forme à la chiropraxie, en cinq ans. La séance coûte 50 à 70 €, sans remboursement de l'Assurance maladie.

La chiropraxie est l'inverse de l'ostéopathie sur un point : une école unique, un flux d'entrants limité, aucun excédent d'offre documenté. Même titre, même absence de remboursement, mais une école unique qui fixe le nombre d'entrants.

Sources : Meyer, Picchiottino, Lardon et Bussières, Chiropractic and Manual Therapies, 2025 ; loi du 4 mars 2002 ; décret du 13 février 2018.

Ce que pèse la formation face au métier qu'elle prépare

Un organisme de formation à distance, tous cursus, 2020115 M€
Toutes les consultations de naturopathie, par an≈ 400 M€

Un seul organisme de formation, tous cursus confondus, encaisse plus du quart de ce que rapportent en un an toutes les consultations de naturopathie.

Coaching : 33 000 personnes formées, 15 000 en activité. Moins d'une sur deux exerce le métier appris.

Les écoles et organismes de formation sont la seule famille dont le revenu ne dépend pas du nombre de clientes reçues en consultation : l'école est payée avant la première séance de ceux qu'elle forme, que cette séance ait lieu ou non.

Sources : Centre Inffo, 2020, chiffre d'affaires déclaré, tous cursus ; estimation sectorielle 2025 pour la naturopathie, d'origine commerciale, sans source primaire ; OPIIEC, observatoire de branche, octobre 2022 ; France Compétences, fiche RNCP 28414. Le montant de 1,3 Md€ porte sur le développement personnel dans son ensemble (Xerfi, 2023) : la part de la formation n'y est pas isolée.

Le premier organisme français de formation à distance déclarait 115 M€ de chiffre d'affaires en 2020 pour environ 100 000 apprenants, et autour de 150 M€ en 2023. Il a changé trois fois de propriétaire financier depuis 2017, pour une valorisation dépassant 300 M€ lors de son rachat de 2021. Son catalogue couvre de nombreux métiers ; la part du bien-être n'est pas publiée.

Un cursus de naturopathie à distance se vend autour de 1 500 €, un cursus en présentiel jusqu'à 13 000 €. L'organisme est payé à l'inscription, que l'élève s'installe ensuite ou non.

Sources : Centre Inffo, 2020 ; CFNEWS, 2023 ; Andera Partners ; prix de cursus relevés sur les sites d'écoles, octobre 2026.

Une trentaine d'écoles de naturopathie, 37 d'après un recensement commercial de 2026. Elles forment 1 200 à 1 500 nouveaux praticiens par an pour un effectif de 6 000 : le renouvellement représente un quart de la profession chaque année. Quatre praticiens sur dix viennent du secteur de la santé.

Aucune de ces écoles ne délivre de diplôme d'État. Le seul titre de naturopathie inscrit au répertoire national a expiré en 2023 ; les deux titres de sophrologue inscrits en 2022 ont expiré le 26 janvier 2025, et depuis cette date aucune formation de sophrologie n'est finançable par le compte personnel de formation. Les écoles de naturopathie et de sophrologie vendent le même cursus avant et après l'expiration de ces titres ; seul le financement a changé.

Sources : France Compétences, fiches RNCP 28414, 36147 et 36161 ; baromètre 2026 de la naturopathie ; recensement commercial des écoles, 2026 ; réponse ministérielle, Assemblée nationale, question n° 14899.

Une formation de coach dure de six mois à deux ans et coûte de 2 000 à 15 000 €. Elle n'est exigée par personne : l'appellation de coach est libre, et les certifications qui existent sont délivrées par des fédérations privées, dont la principale compte environ 1 600 membres certifiés en France pour 15 000 coachs en activité.

L'observatoire de la branche a compté 33 000 personnes formées pour 15 000 en activité. Les 18 000 autres ont payé un cursus pour un métier qu'elles n'exercent pas. À 2 000 € le cursus le moins cher, ces 18 000 formations représentent au moins 36 M€ payés pour un métier non exercé. Le décret du 30 juillet 2025 vise désormais les promesses de débouchés non vérifiées.

Sources : OPIIEC, observatoire de branche, octobre 2022 ; prix et effectifs de certifiés relevés sur les sites de fédérations et d'écoles, 2025 ; décret du 30 juillet 2025.

Moins d'une séance par personne concernée et par an. Environ 0,4 Md€ dépensés chaque année chez ces praticiens, pour une vingtaine de millions de personnes concernées par le seul surpoids, ou par les seules douleurs chroniques : soit une vingtaine d'euros par personne, quand une séance en coûte soixante.

Le montant couvre tous les besoins à la fois, pas un seul : rapporté à l'ensemble des personnes concernées, il serait encore plus faible. Ce chiffre ne peut donc être que surestimé. Sources : estimation sectorielle 2025 ; enquête santé européenne 2019, 45 % des 15 ans et plus en surpoids ou obésité ; baromètre de la douleur 2025, 23 millions de personnes.

Qui sont ces personnes

Problèmes de sommeil50 %
Surpoids et obésité45 %
Douleurs chroniques42 %
Insomnie déclarée33 %
Épisode dépressif15,6 %
Trouble anxieux généralisé6,3 %

Part des adultes concernés. Ces proportions se recoupent et ne s'additionnent pas. Sources : DREES et enquête santé européenne 2019 ; baromètre de Santé publique France 2024 ; baromètre de la douleur, fondation Analgesia, 2025.

Les noms sous lesquels ce métier se présente

NaturopatheAppellation libre, aucun diplôme ni inscription exigés.aucun droit
Conseiller en naturopathieTitre enregistré au répertoire national en 2011, fiche 28414, expiré en 2023.titre éteint
Praticien de santé naturopatheAppellation libre ; le mot santé n'en fait pas une profession de santé.aucun droit
Naturopathe certifiéCertificat privé, délivré par l'école qui vend le cursus.aucun droit

Les quatre noms sous lesquels se présente le naturopathe désignent une même prestation, et aucun n'ouvre un droit que les autres n'ont pas, puisque l'activité est libre.

La part

≈ 6 000praticiens actifs, dont ≈ 1 600 enregistrés auprès de la principale fédération
60 €la séance en médiane, 75 € à Paris
≈ 400 M€de consultations par an, estimation sectorielle
Les chiffres ne concordent pas

400 M€ pour 6 000 praticiens donneraient plus de 66 000 € de chiffre d'affaires chacun, soit plus de mille séances par an, quand les écoles annoncent 500 à 1 000 € par mois en début d'activité. L'un des deux chiffres est faux ; le plus fragile est le montant total. Aucune source primaire ne le publie : les sites d'écoles, de modèles de business plan et d'assureurs qui l'avancent se citent les uns les autres.

Comment ce métier gagne sa vie

Le naturopathe vend son temps, une séance après l'autre. Pour 1 500 € nets par mois, il faut de l'ordre de cinquante séances mensuelles. Le revenu atteint son plafond avant la demande, puisque les heures sont en quantité fixe.

Aucun circuit ne lui amène de clients : la séance n'est ni prescrite ni remboursée. Son coût d'acquisition est entièrement à sa charge, quand celui du médecin est nul.

Rien ne fait revenir le client, faute de résultat mesurable. D'où les trois sorties que les écoles enseignent elles-mêmes : vendre des produits, vendre des ateliers, vendre la formation.

Sources : fiche RNCP 28414, France Compétences. Baromètre 2026 de la naturopathie, plus de 5 000 sites analysés. Estimations sectorielles 2025 d'origine commerciale, sans source primaire. Revenus de début d'activité : sites d'écoles.

Un titre qui a existé trois ans

26 janvier 202226 janvier 2025

Deux titres de sophrologue ont été inscrits au répertoire national des certifications le 26 janvier 2022, fiches 36147 et 36161. Les deux ont expiré le 26 janvier 2025 et n'ont pas été renouvelés. Avant 2019, cinq certifications de sophrologue figuraient au répertoire ; leur renouvellement a été refusé faute de satisfaire aux critères de la réforme de 2018. Depuis janvier 2025, aucune formation de sophrologie ne peut être financée par le compte personnel de formation. La sophrologie reste une profession libre : aucun diplôme n'est exigé pour exercer.

Deux comptes qui ne concordent pas

La Chambre syndicale de la sophrologie recense 20 800 sophrologues en 2024 ; des sources commerciales en comptent 8 000 à 10 000. L'écart tient à ce qu'on compte : une inscription au code d'activité, ou un cabinet qui reçoit des clientes. La même Chambre syndicale indique que 40 % des praticiens sont installés depuis moins de deux ans et que 1 500 nouveaux s'installent chaque année.

Ce que rapporte une séance, et combien il en faut

La séance individuelle coûte 45 à 60 €, la séance collective moins de 15 € par personne. Le marché est estimé à 100 M€ par une source commerciale : rapporté à 20 800 praticiens, cela fait moins de 5 000 € de chiffre d'affaires par sophrologue et par an, soit environ 80 séances. Rapporté à 8 000 praticiens, 12 500 €. Dans les deux cas, la séance seule ne fait pas vivre, ce qui explique la part des praticiens en activité complémentaire et l'orientation des écoles vers l'entreprise, l'école et le sport.

Sources : France Compétences, fiches RNCP 36147 et 36161 ; réponse ministérielle, Assemblée nationale, question n° 14899 ; Chambre syndicale de la sophrologie, étude annuelle 2024 ; estimations commerciales 2025, sans source primaire.

Aucun registre, aucune fédération ne publie d'effectif pour le conseil en nutrition hors diététique. L'appellation est libre ; seul le mot diététicien est protégé. Le conseiller en nutrition vend la même prestation que le diététicien, sans son titre, sans l'orientation du médecin et sans le forfait des complémentaires, qui exigent le plus souvent le diplôme d'État.

Aucun texte ne fixe la frontière entre conseiller en nutrition et naturopathe : les deux appellations sont libres.

Sources : code de la santé publique, article L4371-1 ; conditions des forfaits diététiques relevées dans les contrats de complémentaires santé, octobre 2026.

Qui paie ? Le coaching pèse 750 M€, mais surtout en entreprise, où l'employeur achète la prestation. Le coaching de vie, pratiqué par 31 % des coachs d'après le rapport sociologique de 2023, est le seul segment payé par le particulier lui-même ; son montant n'est pas isolé.

Combien sont-ils ? 15 000 coachs en activité pour 33 000 personnes formées. Le coach de vie est donc en concurrence avec deux fois plus de diplômés que de praticiens, et avec les sophrologues, naturopathes et psychopraticiens qui vendent la même écoute sous un autre nom.

Qu'est-ce qui le distingue ? Rien de réglementaire : l'appellation est libre et n'ouvre aucun droit. La séance se vend 60 à 100 € d'après les tarifs affichés par les praticiens, sans remboursement d'aucune sorte. Les sites d'écoles affichent des revenus de 50 000 € et plus par an ; ils ne distinguent pas le coaching d'entreprise, payé par l'employeur, du coaching de vie, payé par le particulier.

Sources : OPIIEC, octobre 2022 ; rapport sociologique sur les coachs, 2023 ; tarifs relevés sur les sites de praticiens et d'écoles, 2025.

Le titre de psychothérapeute est protégé depuis la loi du 9 août 2004 et le décret du 20 mai 2010 : il est réservé aux médecins, aux psychologues et aux psychanalystes inscrits au registre après formation. L'appellation psychopraticien est née de cette protection : elle désigne ceux qui pratiquent la même activité sans pouvoir porter le titre. 7 000 à 7 500 psychopraticiens sont répertoriés par les fédérations privées de psychothérapie, un chiffre qui ne compte que leurs adhérents.

Le psychopraticien est exclu du dispositif Mon soutien psy, réservé aux psychologues. Il vend la séance au même prix qu'un psychologue, 60 à 70 €, sans aucun remboursement.

Sources : loi du 9 août 2004, article 52 ; décret du 20 mai 2010 ; réponse ministérielle au Sénat du 12 juin 2025 ; annuaires des fédérations de psychothérapie, 2025.

6 000 hypnothérapeutes d'après le Syndicat national des hypnothérapeutes, un chiffre repris dans quatre questions écrites à l'Assemblée nationale entre 2018 et 2019. La réponse du ministère a refusé l'inscription d'une certification au répertoire national, au motif que le mot hypnothérapeute laisse entendre un diagnostic et un protocole de soins réservés au corps médical. Aucun effectif public n'existe pour la réflexologie ni pour les pratiques énergétiques.

L'hypnothérapie, la réflexologie et les pratiques énergétiques partagent le même marché que la sophrologie et la naturopathie, sur les mêmes besoins, sommeil, stress et douleur, et aux mêmes prix, 50 à 80 € la séance d'après les tarifs affichés. Elles s'additionnent à l'offre sans que personne ne les compte.

Sources : questions écrites n° 13987, 14628, 14857, 14860 et 16363, Assemblée nationale, 2018 et 2019, et réponses du ministère des solidarités et de la santé ; tarifs relevés sur les sites de praticiens, octobre 2026.

Avant de signer un cursus, trois chiffres de cette page

Avant de réserver une séance, deux faits

Ces chiffres sont publics, dispersés entre la DREES, l'OPIIEC, France Compétences et les sites d'écoles. Les écoles enseignent elles-mêmes ce qu'ils impliquent : leurs cursus présentent trois sorties, vendre des produits, vendre des ateliers, vendre la formation. Aucune famille de l'anneau ne réunit ces chiffres avant la vente.

Une école ne modifie pas son programme parce qu'une page publie ces chiffres. Le candidat qui les a lus avant de signer peut, lui, ne pas signer.

Le praticien sans titre est le seul à n'avoir ni médecin qui adresse ni titre protégé, et son remboursement dépend du contrat de chaque cliente.

D'où viennent les cinq montants

Soins ambulatoires, 2024DREES, comptes de la santé, édition 202577,8 Md€
Compléments alimentaires, 2024Synadiet, bilan 2024, avril 20252,9 Md€
Ostéopathie, 202430 122 praticiens × 58 649 € de chiffre d'affaires moyen, recensement 2024 et UNASA≈ 1,8 Md€
Développement personnel, 2023Xerfi, périmètre de l'étude non publié1,3 Md€
Consultations de naturopathie, 2025estimation commerciale, sans source primaire≈ 0,4 Md€

L'ostéopathie figure en partie dans les soins ambulatoires de la DREES : le total de 84 Md€ est un plafond. Périmètres hétérogènes, lecture en ordre de grandeur.