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Le naturopathe

Phytothérapie

Temps de la science · 1913

Prévenir et soigner par les plantes, en tisanes, gélules, teintures ou extraits

La phytothérapie, soin par les plantes nommé en 1913 par le médecin français Henri Leclerc, recouvre aussi bien des médicaments autorisés que des préparations dont l'efficacité n'a jamais été démontrée : c'est le statut du produit, non la plante, qui dit ce qui a été prouvé.

Origine
Henri Leclerc, médecin, Paris, 1913
Principe
Selon ses praticiens, les substances actives des plantes, en tisane, gélule, teinture ou extrait, préviennent ou soignent les troubles courants
Résultats des essais
Variables selon la plante et la préparation ; les médicaments « traditionnels » sont autorisés sans essai clinique exigé
Risques
Interactions : le millepertuis est contre-indiqué avec les anticoagulants oraux, la pilule et la digoxine, selon ses notices
Statut en France
Titre libre ; vente des plantes médicinales réservée aux pharmaciens, sauf 148 plantes « libérées » ; diplôme d'herboriste supprimé en 1941
Prix d'une séance
Rarement vendue seule ; comprise dans une séance de naturopathie, de 50 à 200 € en 2026 selon la plateforme d'orientation MaFormation
Remboursement
Aucun par l'Assurance maladie pour les séances
Formation
Diplômes universitaires réservés aux professionnels de santé, autour de 1 600 € en 2026 ; écoles privées ouvertes à tous

La loi distingue des médicaments à base de plantes qui n'ont pas à prouver la même chose

Un médicament d'usage bien établi doit montrer une efficacité reconnue ; un médicament traditionnel, trente ans d'usage.

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En France, un médicament à base de plantes obtient une autorisation de mise sur le marché s'il est d'un usage médical bien établi depuis au moins dix ans dans l'Union européenne, avec une efficacité reconnue et une sécurité acceptable. Depuis une directive européenne de 2004, un médicament « traditionnel » peut être simplement enregistré s'il justifie de trente ans d'usage médical, dont quinze dans l'Union, pour des indications qui ne demandent pas de suivi médical : l'ancienneté de l'usage rend son efficacité plausible, sans essai clinique exigé. Une même plante peut relever des deux régimes selon la préparation.

La notice d'un médicament au millepertuis le dit en toutes lettres : son efficacité n'a pas été démontrée dans le traitement des épisodes dépressifs majeurs.

Isolée et testée, la substance d'une plante devient un médicament à part entière

L'artémisinine, tirée d'une armoise, a valu en 2015 le prix Nobel de médecine, partagé, à la chercheuse chinoise Tu Youyou.

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Tu Youyou a isolé dans Artemisia annua, armoise employée dans la pharmacopée chinoise, une molécule active contre le paludisme, l'artémisinine. Le comité Nobel l'a récompensée en 2015 pour cette découverte. Une fois isolée, dosée et éprouvée par des essais, la substance quitte la phytothérapie pour la médecine reconnue.

Le diplôme d'herboriste a été supprimé en 1941, et les plantes médicinales confiées aux pharmaciens

Seules 148 plantes peuvent être vendues ailleurs qu'en pharmacie, sans indication thérapeutique.

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La loi du 11 septembre 1941 a supprimé le diplôme d'herboriste. Ceux qui l'avaient obtenu ont continué d'exercer ; la dernière, Marie Roubieu, est morte en 2018 à 97 ans. Depuis un décret du 22 août 2008, 148 plantes inscrites à la Pharmacopée peuvent être vendues hors des pharmacies, à condition de ne mentionner aucune indication thérapeutique.

En 2018, une mission d'information du Sénat, présidée par Corinne Imbert avec Joël Labbé pour rapporteur, a proposé de réexaminer cette liste. Interrogé par une députée, le ministère de la Santé a répondu qu'il n'envisageait pas de recréer le diplôme d'herboriste.

Le millepertuis montre qu'une plante peut annuler un traitement

Ses notices le contre-indiquent avec la pilule, les anticoagulants oraux et une dizaine d'autres familles de médicaments.

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Le millepertuis accélère l'élimination de nombreux médicaments par le foie. Selon les notices publiées par l'ANSM, il peut faire perdre son effet à un anticoagulant, avec un risque de thrombose, à une pilule contraceptive, avec un risque de grossesse non désirée, ou à des immunosuppresseurs et des traitements contre le VIH. Associé à des antidépresseurs, il expose à un syndrome sérotoninergique. L'effet persiste environ une semaine après l'arrêt.

Sources

Chaque référence se retrouve en ligne par son titre.

Études et textes officiels

  • Leclerc H., Précis de phytothérapie, 1922
  • Directive 2004/24/CE du 31 mars 2004
  • ANSM, « Réglementation relative aux AMM »
  • Base de données publique des médicaments, notices Arkogélules Millepertuis et Millepertuis Pileje
  • Loi du 11 septembre 1941 relative à l'exercice de la pharmacie
  • Décret n° 2008-841 du 22 août 2008
  • Sénat, rapport d'information n° 727 (2017-2018), Imbert C. et Labbé J.
  • Assemblée nationale, question écrite n° 26593, XVe législature
  • The Nobel Prize, « The Nobel Prize in Physiology or Medicine 2015 »

Autres sources

  • Britannica, « Henri Leclerc »
  • Que Choisir, « Plantes médicinales : pas de révolution »
  • Allodocteurs, « Plantes médicinales : les pharmaciens en guerre contre les herboristes »
  • MaFormation, fiche « Naturopathe »
  • Université Grenoble Alpes, DU Phytothérapie et aromathérapie clinique, 2026

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