Le naturopathe
Aromathérapie
Temps de la science · 1937
Soigner le corps et l'humeur par les huiles essentielles, respirées, massées ou avalées
L'aromathérapie, soin par les huiles essentielles nommé en 1937 par le chimiste lyonnais René-Maurice Gattefossé, a fait l'objet de plus de 300 études dont aucune ne permet de conclure avec confiance à un effet, selon l'examen mené en 2024 pour le gouvernement australien.
- Origine
- René-Maurice Gattefossé, chimiste, Lyon, 1937
- Principe
- Selon ses praticiens, les molécules des huiles essentielles, respirées, appliquées sur la peau ou avalées, agissent sur le corps et l'humeur
- Résultats des essais
- 323 études examinées en 2024 pour le gouvernement australien, aucun effet établi avec confiance
- Risques
- Irritations, allergies et intoxications ; déconseillées aux enfants et aux femmes enceintes, selon l'Anses
- Statut en France
- Titre libre ; une quinzaine d'huiles essentielles réservées à la vente en pharmacie
- Prix d'une séance
- Rarement vendue seule ; comprise dans une séance de naturopathie, de 50 à 200 € en 2026 selon la plateforme d'orientation MaFormation
- Remboursement
- Aucun par l'Assurance maladie
- Formation
- Diplômes universitaires réservés aux professionnels de santé, autour de 1 600 € en 2026 ; formations privées ouvertes à tous, d'un week-end à plusieurs mois
Sur 323 études, l'examen mené pour le gouvernement australien n'établit aucun effet avec confiance
Les auteurs soupçonnent que des essais défavorables n'ont jamais été publiés.
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En 2024, Cochrane Australia, une équipe spécialiste des synthèses d'études, a examiné pour le gouvernement australien 323 essais sur l'aromathérapie, dont 201 exploitables. Pour la douleur, les nausées, le sommeil, la fatigue ou la santé mentale, toutes les conclusions sont de certitude faible ou très faible : au mieux, une amélioration possible du sommeil et de la qualité de vie. Aucun essai n'était exempt de défauts de méthode, et des indices montrent que les essais sans effet sont moins souvent publiés. L'Australie avait retiré l'aromathérapie du remboursement par les assurances privées en 2019.
Les revues Cochrane antérieures vont dans le même sens : aucune preuve convaincante chez les personnes atteintes de démence en 2020, et un effet comparable au placebo sur les nausées après une opération en 2018.
La main plongée dans une cuve de lavande ne figure pas dans le récit de Gattefossé
Son livre de 1937 décrit un soin délibéré, sur une gangrène apparue après une brûlure.
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Le récit le plus répandu veut qu'en 1910, brûlé par une explosion dans son laboratoire, René-Maurice Gattefossé ait plongé la main par réflexe dans le premier récipient venu, rempli d'huile essentielle de lavande. Il circule jusque sur le site du Musée de la lavande.
Dans Aromathérapie, publié en 1937, Gattefossé raconte autre chose : il éteint les flammes en se roulant dans l'herbe, ses mains se couvrent ensuite d'une gangrène gazeuse, et un rinçage à l'essence de lavande, appliqué volontairement, l'arrête. Robert Tisserand, qui a publié la traduction anglaise du livre en 1993, a relevé l'écart en 2011. Le récit de Gattefossé reste celui d'un cas unique, rapporté par l'intéressé.
Les appels aux centres antipoison pour des huiles essentielles ont augmenté chaque année de 2011 à 2021
Chez l'enfant, un accident sur trois vient d'une huile essentielle donnée à la place d'un médicament, le plus souvent la vitamine D.
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Le rapport de toxicovigilance publié par l'Anses en 2024 décrit surtout des accidents domestiques et des intoxications aiguës de faible gravité, et précise que ces données ne renseignent pas sur les effets à moyen et long terme.
En 2020, l'Anses avait relevé des risques neurologiques, et pour certains composés cancérogènes, liés aux compléments alimentaires à base d'huiles essentielles d'arbre à thé, de niaouli et de cajeput. Elle déconseille les huiles essentielles aux enfants et aux femmes enceintes, et recommande de ne jamais les ranger avec les produits de soin des nourrissons.
Une quinzaine d'huiles essentielles ne se vendent qu'en pharmacie, en raison de leur toxicité
Toutes les autres se vendent librement, en magasin, en ligne ou par des vendeurs à domicile.
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Le code de la santé publique réserve aux pharmaciens la vente d'une liste d'huiles essentielles fixée par décret depuis le 3 août 2007, parmi lesquelles celles d'absinthe, d'armoise, de rue, de sabine et de thuya. Pour toutes les autres, la règle dépend de l'usage annoncé : cosmétique, complément alimentaire, produit d'entretien ou médicament, selon l'Anses.
Les universités forment les professionnels de santé à l'aromathérapie par des diplômes d'un an ; les formations privées, ouvertes à tous, n'exigent aucun prérequis.
Chez doTERRA, trois vendeurs américains sur quatre sont au premier niveau, et moins d'un tiers d'entre eux touchent une commission
Ceux qui en touchent ont reçu en moyenne 394 dollars sur l'année 2022, selon le rapport publié par l'entreprise.
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doTERRA, entreprise américaine d'huiles essentielles, vend ses produits par des distributeurs indépendants qui achètent au prix de gros et recrutent à leur tour d'autres distributeurs.
Selon son rapport de 2023, les vendeurs du premier niveau représentaient en 2022 77 % de ses distributeurs aux États-Unis ; 31 % d'entre eux ont touché une commission, en moyenne 394 dollars sur l'année. L'entreprise précise que beaucoup la rejoignent pour acheter les huiles au prix de gros. Ces montants sont des commissions brutes, avant achats et frais.
Sources
Chaque référence se retrouve en ligne par son titre.
Études et textes officiels
- Cochrane Australia pour le National Health and Medical Research Council, Natural Therapies Review 2024, Aromatherapy evidence evaluation
- Ball E. L. et coll., « Aromatherapy for dementia », Cochrane Database of Systematic Reviews, 2020
- Hines S. et coll., « Aromatherapy for treatment of postoperative nausea and vomiting », Cochrane Database of Systematic Reviews, 2018
- Gattefossé R.-M., Aromathérapie : les huiles essentielles hormones végétales, 1937
- Anses, rapport de toxicovigilance sur les huiles essentielles, 2024
- Anses, « Huiles essentielles : risques et précautions », décembre 2024
- Code de la santé publique, articles L4211-1 et D4211-13 (décret n° 2007-1198 du 3 août 2007)
Autres sources
- Tisserand R., « Gattefossé's burn », 2011
- Musée de la lavande, « Comment la lavande fine aida Mr Gattefossé à lancer l'aromathérapie moderne ? »
- doTERRA, Annual dōTERRA Business Builders Report 2023
- MaFormation, fiche « Naturopathe »
- Université de Strasbourg et Université Grenoble Alpes, programmes de formation en aromathérapie 2026
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